Il y a déjà longtemps que j'ai perdu ma meilleure amie. Bien sûr, par perdu je ne veux pas dire qu'elle est décédée, bien au contraire. En fait, on ne s'est que perdu de vue; nous avons choisi différents parcours rendant les visites presque impossible. Cinq années plus tard, je suis encore hantée par le souvenir d'avoir perdu la seule personne au monde avec laquelle un instant de silence était équivalent à une conversation complète. Je dois admettre que je m'ennuie aussi terriblement de nos fous rires interminables et des imbécilités que nous ayons fait ensemble. Au fait, cette âme sœur du département de l'amitié à un nom. Rébecca.
Par la suite, j'ai réussi à me lier d'amitié avec plusieurs personnes qui me tiennent encore beaucoup à coeur. J'ai même réussi à appeler certaines d'entre elles mes «meilleures amies», même si rien qu'à n'y penser je peux très bien sentir le mensonge s'échapper de ma langue. Bien sûr, ces dites meilleures amies occupaient tout de même une place spéciale au fond de mon coeur, mais jamais celle que Rébecca a occupée. Vraiment, je peux vous assurer que perdre sa meilleure amie est au moins mille fois pire qu'une rupture.
Ce qui m'attriste le plus, c'est le fait de ne pas me sentir à l'aise avec mes autres amies. J'ai peur de les perdre comme je l'ai perdue elle. Bien que j'ai envie de leur parler et de les voir, quelque chose à l'intérieur de moi-même ne cesse de me dire que je les dérange et qu'elles se fichent toutes de moi. Je sais que c'est faux. Mais, je crois que c'est un signe que m'envoie ma tête pour me dire qu'il est temps de passer à autre chose. Pas autre chose dans le sens ou je devrais toutes les éliminées de ma vie. Ça, jamais. Autre chose dans le sens ou je devrais d'abord m'occuper de moi avant de leur accorder du temps. Ça semble si superficiel, je sais. Pourtant, il y a quelques années déjà que je soupçonne quelque chose s'étant éveillée en moi; quelque chose m'empêchant de faire tout ce que je voudrais faire. J'irais même jusqu'à dire que ce quelque chose m'empêche carrément de vivre.
Enfin, j'ai beau avoir vécu toutes sortes de situations inconfortables au cours de ma vie, je vous assure que je n'ai jamais rien vécu de pire que de devoir restée seule avec moi-même.
Pas facile la vie.
lundi 26 janvier 2015
vendredi 23 janvier 2015
Confusion - 23.01.2015
Aujourd'hui, en fait, comme chaque jour depuis les 6 derniers mois, j'ai remis en question chaque aspect de ma vie. Ordinaire, quoi. J'aimerais bien en parler à quelqu'un, mais cette action nécessiterait beaucoup trop d'efforts puisque j'ai l'impression que ce qui sortirais de ma bouche sonnerait comme une langue inexistante tant tout ce que je pense semble compliqué à expliquer. Même en lisant cette dernière phrase j'ai du mal à comprendre ce que je voulais dire...
Tout d'abord, comment expliquer à quelqu'un que ce que j'envisage faire de ma vie depuis ma tendre enfance ne m'intéresse plus vraiment? Qu'en fait, j'aimerais mieux m'éloigner de tout le monde pendant quelques mois, quelques années peut-être. Bref, m'échapper de ma vie pour mener une autre vie avec des centaines de nouvelles têtes, de nouvelles histoires...pour ensuite revenir à la vie qu'y m'est familière depuis mes 17 ans d'existence. Une discussion poussant évidemment mon interlocuteur à me suggérer d'aller me faire soigner ou de me cacher dans un trou jusqu'à ce que je sache quoi faire de ma vie ou bien de sombrer dans le monde obscur de la drogue et l'alcool pour ensuite devenir une catastrophe à deux jambes. Oui. Mes options semblent effectivement rayonnantes de bonheur et d'espoir.
En fait, je crois que j'aimerais bien partir sans avertir personne. Juste pour savoir que mes proches s'inquiètent pour moi et pour réaliser l'importance que j'ai à leurs yeux. Un peu comme mourir vivant?
Enfin, j'en ai assez d'avoir l'impression que mes parents me prennent pour une jeune enfant complètement ignorante des dangers de la vie, que mes amis évoluent et passent à d'autres choses dans leur vie alors que moi, *rire découragé*, en bon français québécois, je n'ai aucune crisse d'idée de ce que je veux faire de ma vie.
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